GOANA ET NAVETANES : Un échec assuré

Publié le par Cool Supporter

 Au cours d’une audience accordée au mouvement navétanes fin avril, le Chef de l’État a fait plusieurs promesses : revalorisation de la subvention annuelle, des milliers de ballons, 15 véhicules 4X4, etc. Le Chef de l’Etat n’a surtout pas manqué d’inviter les composantes de ce mouvement à participer activement à sa grande offensive pour l’abondance et la nourriture (GOANA). Pour leur faciliter la tâche, une dotation de 1.000 hectares par région leur est promise.

 

Notre intention, dans cette réflexion n’est pas de disserter sur l’échec ou la réussite de ce projet présidentiel. Nous ne parlerons pas également de l’opportunité d’offrir 15 véhicules à des gens qui n’en demandaient que quatre ou cinq. C’est plutôt l’invitation à participer à la GOANA qui retient notre attention.

Le mouvement navétanes est très populaire. Les hommes politiques le comprennent très bien ; eux qui rivalisent d’ardeur pour parrainer les finales des compétitions sportives. Le Chef de l’Etat ou ses conseillers ont sans doute voulu mettre à profit cette popularité pour réussir le pari de l’abondance.

Seulement, ce qu’ils n’ont pas l’air de comprendre, c’est que ce mouvement ne mobilise que pour le football de quartier. Il n’y a que le football qui attire les foules. Dés qu’il s’agit de culture (théâtre), de projets socio économiques ou de journées de sensibilisation, les gens se font supplier pour y participer. Les responsables des ASC qu’on appelle, à juste titre, les dirigeants sont les seuls à s’impliquer. Pire parmi ces gens là, rares sont ceux qui pensent que les navétanes ne sont pas synonymes de compétitions sportives. Pourtant ces causes là (projets socio économiques, cultures, sensibilisations) font partie des buts de ce mouvement définis dans l’article 2 des statuts de l’ONCAV.

Cette structure compte environ 2500 ASC. Chaque ASC dépense environ chaque année entre 1.500.000 et 2 millions de francs CFA pour quelques matchs seulement. Le tiers provient des diverses subventions mais les 2/3 des ressources sont apportées par les habitants du quartier et les sympathisants de l’équipe. Cet argent est dépensé rapidement en notes de transport, de pharmacie, de repas, de frais mystiques (xons). Aucun projet socio éducatif n’est développé, aucune sensibilisation sur les sujets qui intéressent la société n’est menée. Une majorité d’ASC ne disposent même pas de troupe théâtrale et préfèrent payer chaque année une amende de 25.000 f conformément à l’article 20 du règlement de l’ONCAV consacré aux compétitions théâtrales.

Tous ces éléments m’amènent à douter des potentialités de mobilisation de ce mouvement autour de la GOANA. De par mon expérience personnelle, je pourrais même être catégorique en disant qu’ils prendront volontiers les cadeaux du Président mais ils n’apporteront rien à ce projet ; non pas parce qu’ils ne savent pas cultiver la terre mais parce qu’ils n’ont pas la culture des projets de développement. Tout ce qu’ils savent faire c’est d’amasser un max de sous à travers les subventions, les quêtes et les entrées au stade, les dépenser en un temps record et présenter des comptes débiteurs à la fin de la saison.

  • Mamadou Ndiaye
  • Enseignant Chercheur au CESTI-UCAD

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